A C T U A L I T E S
  27-04-2021  AFFAIRE SARAH HALIMI : LA COLÈRE ET L'INDIGNATION DE MILLIERS DE MANIFESTANTS LE DIMANCHE 25 AVRIL 2021 À PARIS

             

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 25 avril 2021 en France et notamment à Paris, à l'appel de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive, pour contester l'absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi en 2017. Sous le mot d'ordre "Sans justice pas de République", les manifestants parisiens se sont retrouvés place du Trocadéro à l'initiative d'un collectif, "Agissons pour Sarah Halimi". Les messages "Pas de droit sans justice", "Justice défoncée ?" ou "Justice pour Sarah Halimi" étaient écrits sur des pancartes brandies dans la foule.

Peu avant, dimanche, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti avait annoncé la présentation "fin mai" en Conseil des ministres d'un projet de loi visant à "combler" un "vide juridique", après que la Cour de cassation a confirmé l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017 à Paris. Cette annonce fait suite à une demande du président Emmanuel Macron. Avec la future nouvelle loi, "si justice n'a pas été rendue pour Sarah Halimi, elle sera rendue grâce à Sarah Halimi", a lancé au micro Jonathan Behar, l'un des organisateurs du rassemblement.

L'impossibilité d'un procès a suscité une très forte incompréhension au sein d'une partie de la communauté juive française, ciblée par plusieurs attaques meurtrières ces dernières années. "Les hauts magistrats ont manqué de courage en renvoyant la balle au législateur", a estimé dans le Journal du dimanche Francis Kalifat. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a souhaité que la future loi porte le nom de Sarah Halimi: "c'est une forme d'hommage qui lui serait rendu, faute de lui avoir rendu justice". 

Cet après-midi, place du Trocadéro, des personnalités ont pris la parole pour dénoncer cet insupportable "déni de justice" à l'encontre de la sexagénaire de confession juive, sauvagement défenestrée par son voisin. Parmi elles : Patrick Bruel a fait un discours vibrant. "Où en sommes-nous ? Un jour, un journaliste m'a tendu un micro et m'a demandé si je me sentais menacé en tant que juif, je lui ai répondu que je me sentais menacé en tant qu'enfant de la République et qu'il devrait l'être tout autant que moi. Je ne connais pas un individu, quelle que ce soit sa religion qui, si sa mère était rouée de coups et défenestrée n'exigerait pas que le criminel soit puni par la loi".

Le 14 avril dernier, la Cour de cassation avait confirmé la décision de la Cour d'appel, de ne pas juger l'accusé. En cause ? Il était sous l'effet du cannabis au moment des faits. Suite à cette décision jugée injuste par une grande partie de l'opinion publique, de nombreux collectifs citoyens et des représentants de la communauté juive se sont fait entendre afin de contester l'absence de procès. "L'espoir a commencé à revenir. Dans le monde on dit justice en anglais, en hollandais, en italien, en hébreu"a scandé le frère de Sarah Halimi, William Attal lors de la manifestation.

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