A C T U A L I T E S
  30-05-2021  LES LANGUES RÉGIONALES MENACÉES EN FRANCE ?
Les langues régionales sont-elles vouées à disparaître ? Les langues régionales plutôt malmenées ! 

Le décret du 2 Thermidor (20 juillet 1794) condamne pénalement l'emploi par un fonctionnaire d'une autre langue que le Français. La messe semble dite et le processus d'un "linguicide" de masse orchestré par l'État est enclenché : le débat sur l'identité nationale est désormais assimilé au débat linguistique. En France, la majorité de la population parle encore une langue autre que le français, mais cela ne va pas durer.

 

C'est la IIIème  République et son instruction publique obligatoire qui donneront le coup de grâce : les instituteurs trouveront ainsi des trésors d'ingéniosité en matière d'humiliations et de punitions pour interdire aux enfants de prononcer un mot en "patois". La conscription, puis la guerre et enfin la télévision feront le reste. Dernier coup de massue en date : en juin 1992, au moment de la ratification du traité de Maastricht, un alinéa est ajouté à l'article 2 de la Constitution. Désormais, "la langue de la République est le français". Deux ans plus tard, cette disposition sera renforcée par la loi Toubon. 

Oui bien sûr, la "seule langue de France c'est le français ", "la langue de la République c'est le Français", inscrite dans la Constitution, mais doit-on pour autant bouder ou bannir les Langues Régionales ? Je réponds NON ! Les régions de France (au nombre de 13) appartiennent pourtant bien à la FRANCE, et à la République Française, que l'on sache ???
N'est-il pas honteux qu'en plein XXIème siècle, au soi-disant "Pays des Droits de l'Homme", voir les Langues Régionales réduites à leur plus simple expression, voire les menacer et les supprimer comme le suggèrent ou souhaitent certains anti-langues régionales !
Les langues régionales, et les identités régionales, font partie du Patrimoine et de la richesse de la France.

Le candidat MACRON demeure le seul qui se soit ouvert sur les questions linguistiques parce qu'il reconnaît l'unité dans la diversité française. Le 12 avril 2017, il déclarait au sujet du français et des langues régionales : "
En disant que la France se tient par cette langue, par sa langue, je dis aussi que cette France indivisible, elle est plurielle, elle a d’autres langues. Elle a ses belles langues régionales si importantes dans ce Béarn et que je veux reconnaître, et que nous reconnaîtrons. Elle a toutes ces langues qui, de la Bretagne jusqu’à la Corse, doivent pouvoir vivre dans la République, sans en rien menacer la langue française, mais en faisant vibrer notre diversité et notre richesse. "

Le 7 avril 2017 en Corse : La République a une langue : le français. Cela ne doit pas changer, mais çà n’interdit pas qu’on enseigne des langues qui font partie de la culture et de la vie de chacun. L’existence de langues régionales est compatible avec l’esprit de la République et sa force."

Le Parlement a définitivement adopté en avril 2021, une proposition de loi de l’opposition pour protéger et promouvoir les langues régionales, par 247 voix pour, 76 votes contre et 19 abstentions. Un résultat inattendu, obtenu malgré l’opposition du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer et du groupe LREM. 
C’est une victoire pour les défenseurs des langues de nos régions. La loi Paul Molac, pour la protection patrimoniale et la promotion des langues régionales, a été définitivement adoptée à l’Assemblée. Occitan, breton, corse, alsacien ou encore catalan… Les 75 langues régionales recensées en France sont remises à l’honneur.

Un vote "historique" pour Jean-Louis Blenet, président de la Confédération des Calendretas. "Depuis 1951 aucune loi en faveur des langues régionales n’avait été votée, malgré une soixantaine de tentatives, explique-t-il. Cette loi est une victoire remarquable. Cela montre que l’opinion a compris qu’il fallait défendre la diversité des langues. " Désormais "patrimoine linguistique de la France", les langues régionales pourront dorénavant faire l’objet de ce qu’on appelle la "signalitique bilingue" et se voir apposées sur des bâtiments publics, des panneaux de signalisation ou encore des documents de communication institutionnelle. Le panneau d’entrée de Montpellier pourra, par exemple, être accompagné de"Montpelhièr", son nom occitan. 

Feront leur retour également, les signes "diacritiques", dans les états civils. L’accent aigu sur le "o", le "u" ou le "i" en catalan, l’accent grave sur le "e" en Occitan… Donner un prénom traditionnel régional à ses enfants sera facilité. 

"Mais surtout,
 la mesure phare de la loi concerne le retour des langues régionales dans les écoles publiques. Si, depuis un siècle, seul le français était autorisé à être parlé dans les écoles de la république, il sera désormais possible d’y apprendre l’occitan et autres langues régionales. Notamment au travers de "l’enseignement immersif ", c’est-à-dire un enseignement complet dans la langue.

"Il ne s’agit pas seulement d’apprendre l’occitan, détaille Christophe Euzet, député de l’Hérault et défenseur de la loi au parlement pour le groupe Agir. Il s’agit d’avoir des cours de mathématiques en Occitan, des cours d’histoire en Occitan, des cours de géographie… Il me semble que c’est la meilleure des manières pour apprendre une langue." Pas question pour autant d’effectuer cet apprentissage au détriment du français.

"Évidemment l’enseignement du français doit rester conséquent, de même que les enfants doivent apprendre l’anglais. Mais je crois qu’il y a vraiment une place, aujourd’hui pour nos cultures, nos traditions, notre identité et, de fait, nos langues régionales et il me semble qu’il fallait les soutenir à travers la loi. Les gens ont besoin de se retrouver là-dedans, de savoir d’où ils viennent." Mais le combat des défenseurs des langues régionales est loin d’être terminé. Après une perte de nombreux effectifs dans les lycées, Jean-Louis Blenet s’inquiète : "L’enseignement des langues régionales y est en grand danger. "
[ www.midilibre.fr ]

La loi sur les langues régionales censurée en partie par le Conseil Constitutionnel. Le Conseil constitutionnel a rendu son avis sur la loi "Molac" pour la protection et la promotion des langues régionales ce vendredi 21 mai 2021. Deux articles sont considérés comme non-constitutionnels. Saisi sur l'article 6 de la loi Molac qui traite du forfait scolaire par une soixantaine de députés le 22 avril dernier, le Conseil constitutionnel s'est également penché sur les autres points de la loi. Si l'article 6 en question est considéré comme "conforme à la Constitution", ce n'est pas le cas des articles 4 et 9, qui sont retoqués par le Conseil. Ceux-ci autorisent respectivement l'enseignement immersif dans le public, et les signes diacritiques dans l'état-civil. 

"En prévoyant que l'enseignement d'une langue régionale peut prendre la forme d'un enseignement immersif, l'article 4 de la loi déférée méconnaît l'article 2 de la Constitution. Il est donc contraire à la Constitution", détaille le Conseil dans son compte-rendu. 

Concernant
 l'utilisation des signes diacritiques, comme le tildé en breton, le Conseil justifie sa décision par le fait qu' "en prévoyant que des mentions des actes de l'état civil peuvent être rédigées avec des signes diacritiques autres que ceux employés pour l'écriture de la langue française, ces dispositions reconnaissent aux particuliers un droit à l'usage d'une langue autre que le français dans leurs relations avec les administrations et les services publics". Cet article est donc contraire à la Constitution. 

Cette décision est un coup de massue pour les défenseurs de cette loi. Un avis qui tombe par ailleurs le jour-même du départ de la Redadeg, course en relais pour la langue bretonne. Un avis partagé par le juriste Jean-Jacques Urvoas, maître de conférences à l'Université de Bretagne Occidentale à Brest. "La seule manière de débloquer définitivement, c'est de changer l'article 2 !". Il se dit "étonné et consterné" par la lecture "restrictive" que fait le Conseil de la Constitution. 
[ www.francebleu.fr ]

Emmanuel MACRON défend l'École immersive et demande de garantir leur transmission. 
Le Président de la République a souhaité rassurer certains élus des régions, inquiets après la censure par le Conseil constitutionnel de l’enseignement immersif en langues régionales. 
« Rien ne saurait entraver » l’enseignement immersif en langues régionales assure Emmanuel Macron ce mercredi. Sur Facebook, le président de la République assure qu’il a « demandé au gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir leur transmission »

« Les langues de France sont un trésor national » et « ne cessent d’enrichir notre culture française. Depuis des décennies, un mouvement majeur de transmission par l’école immersive, au travers d’associations comme Diwan, Seaska, les Calendretas, Bressola, ABCM et d’autres, a fait vivre ces langues et a garanti leur avenir. Rien ne saurait entraver cette action décisive », assure Emmanuel Macron.
 

Le chef de l’Etat est intervenu sur ce sujet 
après la censure par le Conseil constitutionnel vendredi 21 mai 2021 de l’enseignement immersif en langues régionales, qui a provoqué l’inquiétude de nombreux élus de plusieurs régions et de son allié du MoDem François BAYROU.

Pourquoi faut-il sauver les LANGUES RÉGIONALES

Plusieurs manifestations étaient organisées ce samedi 29 mai 2021, dans les différents départements de Nouvelle-Aquitaine pour le maintien des langues régionales. Dans plusieurs villes de Dordogne, Pyrénées-Atlantiques ou de Gironde, des dizaines de personnes se sont rassemblées à l'appel du collectif "Pour que vivent nos langues".

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