A C T U A L I T E S
  01-02-2014  SOCIÉTÉ et RELIGION : Il y a 60 ans, le 01 février 1954, l'Abbé PIERRE lançait son vibrant appel historique à "l'insurrection de la bonté"



 

 
        Portrait de l'Abbé Pierre par le peintre IBARA
 
       Portrait de l'Abbé Pierre par Danièle DEBRAY 

          

1954-2014
60 ans de l'appel de l'Abbé PIERRE
                                                 


                             


"Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent!

Écoutez-moi! En trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer: l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir-même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre "centre fraternel de dépannage", ces simples mots: "Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime".

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France. Merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5.000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques.

Déposez-les vite à l'hôtel Rochester, 92, rue de la Boétie! Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci!"

                                      

                                
Tel était l'intégralité de l'appel d'Henri Grouès, plus connu sous le nom de l'Abbé Pierre, prononcé le 1er février 1954 sur les antennes de Radio-Luxembourg, aujourd'hui devenu la radio RTL...Lors de cet hiver de froid terrible, l'Abbé Pierre demande au Parlement un milliard de francs, qui lui est d'abord refusé. Trois semaines plus tard, le Parlement adopte à l'unanimité non pas un, mais dix milliards de crédits pour réaliser immédiatement 12 000 logements d'urgence à travers toute la France, pour les plus défavorisés.
Le 1er février 2004, cinquante ans après son appel pour "l'insurrection de la bonté", il réitéra son appel, et s'engagea avec Emmaüs pour un nouveau "Manifeste contre la pauvreté" dans un pays où il y avait cinq millions d'exclus, dont un million d'enfants.
"
Personnage médiatique, prêtre et figure positive de la République, l'Abbé Pierre était respecté et admiré des athées comme des croyants pour sa sincérité, sa générosité et ses provocations percutantes." [www.lejourduseigneur.com/
L'abbé PIERRE, un prêtre et un homme exceptionnel, et toute une vie entièrement consacrée aux pauvres, aux démunis, aux sans-logis, sans nul doute le "Saint-Vincent de Paul" des temps modernes.
Il restera parmi un des personnages préférés des Français...

    
                
                                                  Henri GROUÈS, dit l'Abbé PIERRE (1912- 2007)

      

        

                                     

 


 

                                                                                                                                         ABBÉ PIERRE (1912-2007)  


                    


Abbé, Prêtre et Religieux (Francais)
Né le 05 août 1912
Décédé le
22 janvier 2007 (à l'âge de 94 ans)

"Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre, (né le 5 août, 1912 à Lyon, France) est un prêtre français, fondateur en 1949 d'Emmaüs, une organisation pour les pauvres et les réfugiés.

Enfant d'une riche famille aisée et pieuse de soyeux lyonnais, son père, homme de bonté, visait les plus démunis, emmenant parfois ses enfants, au nombre de sept, dont il est le troisième. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des Hospitaliers Veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres.

À 16 ans, il veut se faire franciscain, cependant il devra attendre 17 ans et demi. À ce sujet il déclara "On me disait beau gosse, peut-être même un peu mondain, pourtant, le lendemain je serai moine".

En 1931, il renonce à tout héritage et entre chez les capucins. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il entre au cloître au couvent de Crest. Il est ordonné prêtre en 1938. En avril 1939, il devient vicaire à Grenoble.

Vient la Seconde Guerre mondiale, où il est mobilisé comme sous-officier dans le train des équipages, en décembre 1939.

En juillet 1942, deux juifs pourchassés lui demandent de l'aide. Il découvre alors les persécutions et s'engage immédiatement, apprend à faire les faux papiers. Dès août, il commence à faire passer des juifs en Suisse.

Il participe à la création de maquis dans le Vercors et la Chartreuse.

Il aide les réfractaires au Service du travail obligatoire (STO). Il prend le nom d'Abbé Pierre dans la clandestinité. En 1944, il passe en Espagne, puis rejoint
Charles de Gaulle à Alger.

Il devient une haute figure de la Résistance.

Après la guerre, il est député de Meurthe-et-Moselle aux deux Assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP), puis à l'Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège au groupe MRP.

En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel. Avec
Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Garry Davis, citoyen du monde.

Il fonde en 1949 l'association Emmaüs (du nom d'un des épisodes des évangiles) d'aide aux déshérités, particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi, dés 1950 par la communauté d'Emmaüs Neuilly-Plaisance.

Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d'objets de récupération et construisent des logements. C'est une organisation laïque. Le parlementaire quitte l'enceinte du Palais-Bourbon, le soir venu pour aller rejoindre les gueux, les miséreux.

Grand sportif, il n'hésitera pas à faire des plongeons spectaculaires pour attirer l'attention du public et des médias.

En 1952, il participera au jeu "Quitte ou double" pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 254 000 francs.

L'abbé Pierre acquiert sa notoriété à partir du très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abris pour une «insurrection de la bonté». «Il y a 50 ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là.»

Le jeune prêtre lançait le 1er février 1954 un appel sur les antennes de Radio-Luxembourg (RTL) : « Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France, merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 500 000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 pöêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l'asphalte ou les quais de Paris. Merci ». Le lendemain, la presse titra sur « l'insurrection de la bonté ». L'appel rapportera 500 millions de francs en dons.

En 2005, dans son livre Mon Dieu… pourquoi ?, rédigé avec Frédéric Lenoir, il déclare qu'il a eu des relations sexuelles alors qu'il était tenu par son serment d'abstinence. Aucune de ses relations n'a duré, car il était tiraillé entre son désir et son vœu de célibat. À ce sujet, il se prononce pour une réforme de la politique de l'Église en faveur du mariage des prêtres. Et ne comprend pas l'interdiction de
Jean-Paul II et de Benoît XVI, car ils autorisent le mariage des prêtres dans les pays orientaux. De plus, il voit dans cette autorisation un moyen de lutter contre la pénurie de nouveaux membres de l'Église.

Il se prononce également pour l'ordination des femmes et ne s'oppose pas à l'homoparentalité, à condition que les enfants ne subissent aucun préjudice psychologique ou social et explique notamment son opinion sur le fait « qu'un modèle parental classique n'est pas nécessairement gage de bonheur et d'équilibre pour l'enfant ». Mais il se déclare contre le mariage et préfère y substituer une « alliance » homosexuelle. Car selon lui, le mariage homosexuel « créerait un traumatisme et une déstabilisation sociale forte ».

L'image du grand barbu en soutane, en grosse pèlerine et godillots forge vite son statut de « héros légendaire », de « juste ». Il a une très grande popularité en France, les enquêtes d'opinion qui la mesurent le placent souvent en tête, notamment celle annuelle du Journal du Dimanche. Il a demandé à être retiré de la liste des nominés. « C'est à la fois une arme et une croix », avoue-t-il.

Encore dans les dernières années de sa vie, malgré la maladie et l'âge, il est descendu dans la rue pour soutenir la cause des pauvres. Il a donné sa crédibilité et soutenu l'association Droit au Logement (DAL), qui dans les années 1990, ne cesse de bousculer les autorités en place, quelle que soit leur couleur politique, en réquisitionnant des logements laissés vides par leur propriétaire.

Convoqué à Boulogne au siège de la LICRA en 1998, il a préféré en perdre le titre de président d'Honneur pour rester l'ami de l'auteur controversé
Roger Garaudy sans pour autant approuver toutes les prises de position de celui-ci.

Le 1er février 2004, 50 ans après son premier appel, l'Abbé Pierre a lancé un nouvel appel à la solidarité, depuis l'esplanade du Trocadéro à Paris, devant 6 000 personnes pour pallier l'incurie.

Il nous quitte lundi 22 janvier 2007 à 5h25 à l'hôpital Val-de-Grâce (Paris) à l'âge de 94 ans des suites d'une infection pulmonaire déclarée dimanche 14 janvier 2007."
    http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-abbe_pierre-1585.php

   

 

                                  


"Le 1er février 1954, l'Abbé Pierre lançait son cri d'alarme en faveur des mal-logés. Soixante ans plus tard, la France compte 130 000 sans-abri, 650 000 personnes abritées de manière temporaire dans leur famille ou chez des amis, un million d'autres logées dans des conditions indignes. Face à cette situation, pire selon lui qu'à l'hiver 1954, Bernard Devert, prêtre et fondateur d'Habitat et Humanisme, lance un "coup de gueule" dans les colonnes de PÈLERIN. Le comédien Michael Lonsdale s'engage à ses côtés, pour dénoncer un "déni d'humanité" qui n'a rien d'irréversible. Des solutions existent. Elles sont du ressort de pouvoirs publics mais
relèvent aussi d'actions personnelles. PÈLERIN vous donne des pistes pratiques, ultraconcrètes et à votre portée, pour juguler la crise. Enfin, un récit historique revient sur l'appel de l'hiver 1954 tandis que deux grands témoins, Jean-Marie Viennet et René Poujol, évoquent "le secret spirituel" de l'Abbé Pierre."
[PÈLERIN, N° 6844, jeudi 30 janvier 2014]

Visitez le Centre Abbé PIERRE EMMAÜS ESTEVILLE

Seine-Maritime en Normandie

 

   
Les maximes de l'Abbé PIERRE :
http://guillos.fr/upload/actualites/lesmaximesdelabbepierremartine.pps
(Réalisation du pps : Martine ; Créé le 25 avril 2012 ; Photos du Web ; Et citations de l'Abbé Pierre)
http://ppsmania.fr
                                                                                                                                               

"S'il y avait un peu plus d'Abbés Pierre, la vie serait meilleure."  

 
                                                 



                      
                                                           L'appel du 1er février 1954 photo DR


                                                
                                                                                                                                                                                                                                                                       

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