A C T U A L I T E S
  14-02-2019  LA SARGASSE , une ALGUE marine envahissante, toxique...
algues sargasses sur la plage des Salines en Guadeloupe
plage de l'Anse Michel Fort-de-France Martinique, le 26 septembre 2017

Une algue (Sargasse = Sargassum) qui pourrit la vie des habitants et des touristes...
La prolifération des algues sargasses sur les côtes de Guadeloupe et de Martinique, et même de Guyane, constitue une véritable catastrophe sanitaire pour les populations locales
Les populations des Antilles sont confrontées depuis 2011 à des marées et des échouages considérables de Sargasses, une algue brune. Cette situation provoque des situations catastrophiques sur la faune et la flore marine, ainsi que sur la santé et les activités humaines. Plusieurs zones de l’Atlantique tropical Nord sont infestées par cette algue. Les chercheurs du MIO (Institut Méditerranéen d’Océanologie) proposent faire découvrir ce phénomène à partir d’observations, de jeux et d’expériences.
"Les sargasses passent leur vie à la surface de l'eau et sont à la merci des courants. Un moment donné elles échouent parce qu'elles ont rencontré une terre sur leur passage", explique Thierry Thibaut, phycologue (spécialiste des algues) et maître de conférences à l'Université d'Aix-Marseille. 
Depuis février, ces algues arrivent par dizaine de milliers de tonnes sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, et même de Guyane. Elles s'amoncellent sur les rivages, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements, et des difficultés respiratoires.  


Selon le journal Le Parisien
d
epuis plusieurs mois, des amas d’algues brunes s’amoncellent sur les plages antillaises. Les élus demandent un classement en catastrophe naturelle.

C’est une invasion. Une invasion d’algues qui empoisonne au sens propre comme au figuré la vie des Antilles françaises et plus particulièrement les archipels de la Guadeloupe et de la Martinique. Ces algues brunes toxiques, plus connues sous le nom de sargasses, débarquent par vagues successives sur les plages et bords de mer de la région depuis plusieurs semaines. Une situation catastrophique à tout point de vue pour l’économie du tourisme local mais aussi l’écologie. 

La sargasse, Sargassum en latin, est un type d’algues brunes. Selon l’hydrographe et météorologiste du XIXème siècle Matthew Fontaine Maury, auteur de « la Géographie physique de la mer », le nom de sargasse vient du mot espagnol sargazo, qui signifie varech. Il décrit la sargasse comme un « varech-nageur » qui forme principalement le « banc immense » de la mer des Sargasses, dans l’Atlantique Nord. Ces algues seraient drainées par les courants circulaires de l’océan.

D'où viennent ces sargasses ou algues brunes ? 
De la mer des Sargasses blottie entre les deux Amériques ou du Brésil ? Quoi qu’il en soit, elles viennent de la mer et ce phénomène n’est pas nouveau. L’explorateur Christophe COLOMB, lors de ses explorations aux Amériques, était tombé avec grand étonnement sur cette marée brune recouvrant l’océan à perte de vue, croyant avoir atteint des eaux peu profondes et que la terre n’était plus très loin. Mais en réalité, il se trouvait très loin des Bahamas avec plus de 4000 mètres sous sa coque. Ce sont près de 50000 tonnes d’algues qui s’échouent chaque année en  Guadeloupe, ses dépendances ainsi qu’en Martinique.
L’amplification du phénomène serait dû à une augmentation de la température de la mer et au vent, qui influent fortement les courants océaniques et la pollution des océans liée à l’activité humaine (eau usée, ruissellement des sols avec apport de fertilisant, hydrocarbures…). Les scientifiques sont sûrs d’une chose, c’est que ce phénomène insoupçonné est dû à quelque chose qui s’est passé quelques années auparavant. Toutefois, les causes ne solutionnent pas le problème aujourd’hui.
 


La mer des Sargasses aurait été observée en 1492 par les équipages de Christophe Colomb. Elle s’étend sur plus de trois millions de kilomètres carrés à l’est de la Floride et des îles des Bermudes.
Mais depuis 2011, les sargasses prolifèrent aussi dans les Caraïbes. Un phénomène qui inquiète scientifiques et élus locaux. Les algues sargasses dégagent du sulfure d’hydrogène en se décomposant. Ce gaz toxique peut provoquer des intoxications aiguës chez l’homme mais est aussi dangereux pour la faune et la flore locale.

En 2018, les deux zones les plus touchées par des accumulations d'algues sont principalement les Caraïbes, aux prises avec d'importantes quantités d'algues sargasses, et la Floride, qui a reçu des algues rouges sur sa côte ouest et des algues sargasses sur la côte est. La Riviera Maya (côte sud-est du Mexique), la République dominicaine et les Antilles (Martinique, Guadeloupe) ont été particulièrement exposées.
Dans le cas des marées rouges floridiennes, «ces algues sont connues pour produire des brévétoxines qui affectent le système nerveux central des poissons et des autres animaux. Elles peuvent aussi causer des problèmes respiratoires chez les humains lorsqu'elles sont libérées dans l'air», prévient Philippe Juneau, professeur au département des sciences biologiques de l'UQAM. Son ingestion ou le contact avec les yeux peuvent être très nocifs.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) française s'est penchée sur les effets des algues sargasses que l'on trouve dans les Caraïbes. Dans son rapport, elle indique que l'hydrogène sulfuré (H2S) émanant de la décomposition de ces algues peut être toxique, surtout à haute concentration et en cas d'exposition prolongée. À petite dose, et même à court terme, elle provoquerait des irritations respiratoires. «Celles-ci ne produisent pas de toxines qui peuvent causer la mort, mais principalement un désagrément esthétique sur les plages, avec des odeurs et des monticules», indique M. Juneau. 
Dans la mesure où ces algues sont rapidement ramassées sur les plages fréquentées, ces risques seraient donc limités.
«Le développement des algues, qu'elles soient microscopiques ou macroscopiques comme les sargasses, dépend de certains facteurs, comme les vents, courants, marées et nutriments. Certaines années sont donc plus propices à leur développement et leur transport vers les côtes, explique le biologiste Philippe Juneau. Il est aussi de plus en plus probable, selon certaines études scientifiques, que les changements climatiques jouent un rôle dans la prolifération de certaines espèces d'algues.»
La présence d'algues sargasses exhalant une odeur d'oeuf pourri est une véritable plaie pour les complexes hôteliers et touristiques.

L
'Anses alerte sur le risque de contamination aux métaux lourds.
Dans un nouvel avis publié le 24 avril 2017, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande de proscrire l'utilisation des algues sargasses pour l'alimentation humaine ou animale en raison de leur capacité à piéger les métaux lourds. Et ce, dans l'attente d'études plus approfondies sur la contamination de ces algues retrouvées en grandes quantités sur le littoral de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane.

L'Anses réitère par ailleurs ses recommandations, émises en 2016, relatives à la prévention des risques liés à l'exposition au sulfure d'hydrogène (H2S) dégagé par les algues en décomposition. Ces recommandations portent sur une limitation de l'exposition du public par un ramassage régulier des algues échouées, un balisage des chantiers de ramassage et une information sur les risques sanitaires liés à l'exposition à ce gaz toxique. Les mesures de protection concernent aussi les travailleurs chargés du ramassage, du transport et du traitement des algues : port de détecteur d'H2S et d'équipements de protection individuels (EPI), recours à des moyens mécaniques pour la ramassage, formation et information des personnels, mise en place d'une traçabilité des travaux à risques. Le H2S est un gaz toxique dont le degré d’infection augmente avec la quantité et le temps d’inhalation (4). Le contact avec l’organisme ce fait principalement par les voies respiratoires. Pour les individus fragiles, la présence de H2S peut provoquer des problèmes respiratoires. Pour ce qui est d’une exposition aiguë, les conséquences pour l’être humain ont été étudiées. Il s’agit d’irritations diverses (muqueuses oculaires et respiratoires), puis viennent les symptômes neurologiques, tels que les maux de tête, les vertiges et la nausée, et peuvent mener à des troubles cardiaques. 

Le sulfure d'hydrogène présente des effets sanitaires de gravité croissante avec la concentration allant de symptômes d'irritation oculaire et respiratoire jusqu'à des troubles cardiovasculaires pouvant conduire à la mort, en passant par des troubles neurologiques. Depuis le mois d'août 2014, date des premiers échouages massifs d'algues, les signalements de médecins liés à ces effets sanitaires et les plaintes du public relatives aux problèmes d'odeurs ont augmenté de façon notable, rapporte l'Anses.

En Guadeloupe (janvier 2019), les sargasses, ces algues brunes nauséabondes, arrivent à nouveau massivement : "le volume est proche de celui que nous avions en mars 2018", a indiqué aujourd'hui le préfet Philippe Gustin à l'AFP, en marge d'une réunion hebdomadaire sur le sujet. Sur le littoral de l'île, s'amoncellent comme l'année dernière ces algues brunes qui émettent en séchant du sulfure d'hydrogène et ammoniaque.



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