A C T U A L I T E S
  30-05-2019  SANTÉ et MÉDICAMENTS : une rupture de stock des CORTICOIDES, un scandale sanitaire !

Après des ruptures de stock de certains vaccins, d'antibiotiques, de certains médicaments à visée cardio-vasculaire, voilà maintenant les CORTICOÏDES qui connaissent une pénurie dans les pharmacies.
Il s'agit pourtant d'une catégorie de médicaments majeurs, très largement prescrits et utilisés par les patients.
Ce sont des anti-inflammatoires les plus puissants connus.
Le chef de file bien connu est la CORTISONE dont un grand nombre de malades atteints de maladies chroniques ont besoin. 
"Bonne à tout faire" de la pharmacopée, la cortisone permet de soigner un très grand nombre de maladies. Si elle a révolutionné les champs de la médecine depuis la fin des années 1940, la médaille a son revers car la cortisone provoque parallèlement bon nombre d’effets indésirables. 
Cet anti-inflammatoire possède en effet un champ thérapeutique très large puisqu’il peut traiter un nombre considérable de maladies. En voici une liste, non exhaustive bien entendu…
Les maladies rhumatismales : la cortisone est très utilisée pour traiter la polyarthrite rhumatoïde notamment ;
Les maladies respiratoires comme l’asthme ou de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ;
Les maladies immunitaires ;
Les allergies : on le prescrit en cas d’œdème de Quincke ou d’allergies chroniques ;
Certains cancers : surtout ceux qui ont des conséquences inflammatoires (leucémie) ;
La sclérose en plaques ;
Les maladies de peau telles que l’eczéma, le prurit ou la dermatite atopique ;
Les maladies de l’œil, que ce soit une atteinte de la cornée ou de la rétine ;
Les transplantations d’organes ou de tissus pour lesquels on exploite ses propriétés immunosuppressives ;
La maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.
[
http://www.doctissimo.fr/medicaments/traitement-pharmaceutique/cortisone]

SolupredCortancylCelesteneKenacort... Ces corticoïdes, traitements à base de cortisone, sont depuis plusieurs semaines rares voire absents dans les pharmacies, et ce sous toutes leurs formes (oraux, infiltrations). Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les fabricants ont pris du retard dans leur production. Le Laboratoire BMS retirera par exemple le Kénacort 40 mg et 80 mg du commerce dès le 31 juillet 2019, alors que le laboratoire MSD ne pourra redistribuer son Disprostene avant juillet, ou le début de l'année 2020.  Face à la situation, le Syndicat national des médecins rhumatologues (SNMR) alerte ce jeudi 23 mai sur cette pénurie. Dans le même temps, une pétition lancée par les patients et leurs familles a été adressée mercredi à la Ministre de la Santé Agnès BUZYN, pour avertir de besoins qui deviennent de plus en plus urgents. La cortisone est le traitement de base pour de nombreux patients touchés par des maladies inflammatoires, des asthmes sévères, la sclérose en plaques, des problèmes rénaux ou articulaires.          

Ils se font de plus en plus rares. Les corticoïdes sont en rupture de stock dans les pharmacies. Ce problème d'approvisionnement est dû à des retards de production, c'est ce qu'affirment les laboratoires qui fabriquent ces médicaments. "Le prix du médicament étant tellement bas, la rentabilité pour les laboratoires pharmaceutiques n'est peut-être pas tellement élevée, et donc du coup, certains laboratoires retirent du marché le médicament", analyse le professeur Francis BERENBAUM, rhumatologue à l'origine d'une pétition contre la rupture de stock de corticoïdes. « Certains patients sont obligés de faire dix pharmacies pour trouver leurs comprimés », se désole le Pr Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris. 
De son côté, l'Agence nationale de sûreté du médicament (ANSM) reconnaît des tensions dans l'approvisionnement, mais assure qu'il n'y aura pas de pénurie. "Nous avons mobilisé le plus rapidement possible les industriels pour leur rappeler leurs obligations en termes de mise à disposition des médicaments", assure le docteur Christelle Ratignier-Carbonneil. Selon l'agence, tout devrait rentrer dans l'ordre dans quelques semaines. [ www.francetvinfo.fr ]

Selon la radio EUROPE 1,
dans 80% des cas, "c'est un problème d’argent qui est à l’origine de ce manque de médicaments. En France, ils sont remboursés, et bien remboursés par la Sécurité sociale comparé à d'autres pays. En conséquence, la sécu tire les prix vers le bas, pour avoir à rembourser le moins possible, ce qui n’est pas du goût des industriels ni des intermédiaires qui font le lien entre le laboratoire pharmaceutique et les pharmacies". "Ces grossistes répartiteurs, dont certains, dénommés les "short liners", sont spécialisés sur les médicaments les plus rentables, préfèrent donc vendre à d'autres pays qu'à la France. Parfois, le même médicament est vendu en Italie ou en Allemagne deux à trois fois plus cher que chez nous. Ce genre de pratique reste totalement illégal, car les grossistes répartiteurs sont tenus d'assurer les stocks en France : il s’agit d’une mission de service public qui leur est imposé par la loi. "Il ne constituent pas les stocks qu’ils doivent constituer et ils exportent largement. Nous avons pris des sanctions financières de plusieurs centaines de millions d’euros", assure à Europe 1 Dominique MARTIN, directeur de l'Agence du médicament, qui explique qu’il s’agit de la principale cause d’absence de produit dans une pharmacie."
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Aujourd'hui, la plupart des usines qui fabriquent les médicaments sont délocalisées à l'étranger, en Asie notamment. Elles travaillent à flux tendus pour satisfaire la demande mondiale qui explose ces dernières années. Il suffit, par exemple, qu'une usine indienne qui fabrique une matière première à destination de plusieurs laboratoires rencontre un problème de production pour que l’ensemble de la chaîne du médicament soit paralysée. C'est ce qui s'est passé en 2018 avec le Sinemet, un traitement anti-parkinson. L'usine située aux États-Unis a dû fermer pour se mettre aux normes, étant la seule au monde, le marché mondial a été impacté pendant de longs mois."
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Dans le cas des corticoïdes, qui soignent des maladies aussi courantes que l'asthme ou l'arthrose, le problème ne se situe pas à l'autre bout du monde… mais en France. L'usine qui les fabrique à Lille a rencontré des difficultés en janvier, mais n'a prévenu aucun des laboratoires qu'elle fournit, qui eux-mêmes n’ont donc pas pu alerter les autorités sanitaires. Résultat : la France est en rupture de stock depuis un mois et le retour à la normale n'est pas prévu avant fin juin."

"Globalement, ces phénomènes de pénurie semblent s’aggraver avec les années. Si on remonte à 2008, seule une cinquantaine de médicaments essentiels étaient signalés soit en tension, soit en rupture de stock. Dix ans plus tard, c'est dix fois plus : 531 médicaments sont signalés comme manquant en France. Les chiffres pour 2019 ne sont pas encore connus. Interrogée par Europe 1, l'Agence du médicament laisse entendre que cette situation va continuer de s'aggraver, sans véritablement savoir quels médicaments vont être concernés demain. Le problème est tel qu'au Ministère de la Santé un plan "anti-rupture de stock" est en cours de préparation."  

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