A C T U A L I T E S
  01-06-2019  Un MAIRE de GIRONDE mécontent veut inscrire les BRUITS RURAUX au PATRIMOINE NATIONAL


Familiers, traditionnels pour la majorité des ruraux, ces bruits de cloches des églises, notamment l'angélus, le meuglement des vaches, le chant matinal des coqs, le croassement des grenouilles, les aboiements de chiens, le braiement de l'âne, le chant des cigales en Provence, etc... ne plaisent pas à certains urbains qui ont décidé de vivre à la campagne, car ils considèrent qu'il s'agit de nuisances sonores insupportables.
Pourtant avant de choisir la campagne, ils ont bien conscience de leur choix, et mieux vaut bien réfléchir avant de privilégier la ruralité...

À travers une lettre ouverte adressée aux parlementaires, le maire de Gajac (Gironde), en Nouvelle-Aquitaine, Bruno DIONIS DU SÉJOUR  (photo Le Républicain), propose d'inscrire les différents bruits ruraux au "patrimoine national".
"Laissez-nous vivre à la campagne ! Quand les gens se plaignent du meuglement des vaches ou du chant des coqs, ça m'est insupportable, je dis stop !" Bruno Dionis du Séjour, 73 ans, ne mâche pas ses mots.
Maire depuis douze ans de la petite commune de Gajac (de la Communauté de communes du Bazadais) en Gironde, proche de Bazas (7,9 kms), il a travaillé pendant quarante ans comme agriculteur et éleveur de vaches : 
"Aujourd'hui des agriculteurs sont mis en cause parce que leurs vaches meuglent, les voisins ou les vacanciers se plaignent de l'odeur et des bruits des animaux !"
Et d'ajouter
"Les gens qui viennent à la campagne doivent respecter les gens de la campagne, nous quand on va en ville on ne fait pas un procès contre les citadins ! Souvent les personnes qui font des procès ont les moyens de faire venir des avocats et la justice leur donne raison." 
"Aujourd'hui des agriculteurs sont mis en cause parce que leurs vaches meuglent, les voisins ou les vacanciers se plaignent de l'odeur et des bruits des animaux !", s'emporte-t-il.
"Pourquoi certains refusent de s’adapter ? Le monde ne tourne pas autour de nos petites personnes. Il faut savoir accepter les contraintes de nos villes, mais aussi de nos campagnes ». 
"Les ruraux n’ont jamais fait de mal à personne. Et des gens, qui arrivent de l’extérieur, débarquent en disant : « Votre vie d’avant ne nous plaît pas. On va vous obliger d’en changer !" Le pire, c’est que bien souvent, les petites communes se retrouvent face à des emmerdeurs qui vont jusqu’au bout, des procéduriers qui ont les moyens. C’est le pot de terre contre le pot de fer. »


Lui n'a jamais été confronté à ce type de plainte dans sa commune, mais il se veut le porte-parole du monde rural dans son ensemble : "Ici, personne ne s'est encore plaint des cloches de l'église, mais combien de villages ont eu des problèmes par rapport à ça ? Les gens qui viennent de l'extérieur ne se rendent pas compte que l'église représente beaucoup dans une campagne : c'est là où l'on se marie, où l'on fait des réunions de familles, où l'on enterre nos proches."

Le monde rural bientôt estimé à sa juste valeur ? C'est en tout cas l'objectif de Bruno DIONIS DU SÉJOUR. Il est le maire de Gajac, une petite commune de 400 habitants située à 70 kilomètres au sud de Bordeaux, incluse dans la Communauté de commune du Bazadais, et à proximité de Bazas.

Selon Le Figaro, il a exprimé ce vendredi 24 mai 2019 son « ras le bol » via une lettre ouverte aux parlementaires français. Il désire inscrire au patrimoine national les bruits ruraux. Cela inclurait de nombreux sons comme le « chant du coq, l'aboiement familier du chien, la cloche de l'église, le meuglement des vaches, le braiement de l'âne et le pépiement des oiseaux ».

Cette surprenante idée a pris naissance à la suite de nombreuses plaintes qu'il a reçues en tant que maire. Il explique que certaines personnes « d'origine urbaines la plupart du temps », poussées par leur « égocentrisme », auraient déposé des plaintes. Elles pointaient du doigt des nuisances sonores qui les dérangeaient trop à leur goût.  D'autres régions avaient reçu le même type de protestations. En août 2018 en Lozère, un couple de Parisiens avait pointé du doigt la nuisance nocturne provenant des cloches de l'église, réussissant à faire décaler l'horaire de base. Un maire de l'Oise avait également pris un arrêté municipal contre les aboiements des chiens.
La campagne en danger
Bruno Dionis du Séjour souligne les nombreuses contraintes des travailleurs du monde rural. Il ne manque pas de rappeler qu'un agriculteur ou un éleveur a souvent besoin de disposer d'animaux ou de machines agricoles « parfois même le dimanche où, lorsque certains ont la chance de se reposer, d'autres n'ont d'autres choix que de travailler. »

Cette requête pourrait bien voir le jour. Près de 31 maires autour de la commune dont il appartient auraient d'ores et déjà apporté leur soutien. Parmi eux, le maire de Sauveterre-de-Guyenne (Gironde) Yves d'AMÉCOURT affirme sur son compte Twitter que ce serait un moyen de soutenir les petites communes qui « se retrouvent face à des emmerdeurs. » Le député UDI de Lozère Pierre MOREL-A-L'Huissier promet dans Le Figaro de déposer un projet de loi pour porter cette idée d'ici une dizaine de jours.

"Total soutien à Bruno Dionis du Séjour, Maire de Gajac(33), qui demande que le chant du coq, le meuglement des vaches, les cloches qui sonnent et d’autres bruits de campagne soient inscrits au patrimoine national : « Les petites communes se retrouvent face à des emmerdeurs ! », a twitté le Maire de Sauveterre-de-Guyenne en Gironde, Yves d'AMECOURT. Le Maire de Gajac a reçu beaucoup de soutien, et il a le mien !

Pour ma part, je suis natif de notre village de Guillos, au milieu du chant des coqs, du meuglement des vaches ou des cloches qui sonnaient l'angélus, mes parents (aujourd'hui  décédés) ayant exercé plusieurs années le métier d'agriculteur et éleveurs de vaches, mais je m'inscris totalement aux déclarations de ce courageux Maire de Gajac, qui exprime des vérités sincères qu'il ressent, et qui appartient à ma génération (j'ai le même âge que lui).
Alors par pitié, les "emmerdeurs" citadins venant investir la campagne, soyez tolérants et raisonnables, ou alors allez vivre ailleurs ! 

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