A C T U A L I T E S
  10-06-2019  ORADOUR-SUR-GLANE en HAUTE-VIENNE commémore le 75ème anniversaire du massacre de 642 villageois

               

                                                                   Photo Internet

Dans ce village martyr, un programme de conservation de quelques ruines essentielles est lancé pour simplement se souvenir. Ces ruines sont classées monuments historiques depuis 1946.

    
              


Il y a 75 ans, et le massacre d'ORADOUR-SUR-GLANE, ce fut l'horreur dans ce village martyr.
Parmi les victimes, tués et brûlés par la barbarie nazie des SS, des hommes, des femmes et aussi des enfants... Le village fut pillé, incendié, subit d'énormes dégradations mais surtout connut le massacre le plus horrible et le plus effroyable de sa population, perpétré par les nazis en France, même si quelques uns s'en sortirent. 
Seules quelques personnes réchappent à la tuerie, parmi eux Yvon Roby, Robert Hébras, Jean-Marcel Darthout, Mathieu Borie, Armand Senon, Paul Doutre. Les témoignages des rescapés permettent de reconstituer le scénario de cette atroce tragédie, qui marque à jamais la mémoire collective.
C'est l
e plus grand massacre de civils français commis par les armées allemandes en France occupée.
Ces criminels de guerre, quoi dire, des monstres, des bourreaux sans scrupule, des assassins de la pire espèce, ne méritant que l'enfer !

Oradour-sur-Glane s’apprête à commémorer le 75ème anniversaire du massacre de 642 villageois par la division SS Das Reich. C'était le 10 juin 1944. Mais le village martyr est confronté aujourd'hui à un défi : comment continuer à préserver l'ensemble des ruines où le temps a fait son oeuvre ? 

"Le massacre d'Oradour-sur-Glane désigne la destruction, le 10 juin 1944, de ce village de la Haute-Vienne, (soit quatre jours après l'annonce du débarquement allié en Normandie), situé à environ vingt kilomètres au nord-ouest de Limoges, et le massacre de sa population (642 victimes), par un détachement du 1er bataillon du 4ème régiment de Panzerngrenadier « Der Führer » appartenant à la Panzerndivision "Das Reich" de la Waffen-SS.
Il s'agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes, assez semblable à ceux de Marzabotto
, ou de Distomo (ce dernier perpétré lui aussi le ), qui transposent sur le front de l'ouest des pratiques courantes sur le front de l'est." (Wikipedia)

Le village Oradour-sur-Glane se trouve au nord-ouest de Limoges, en Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Haute-Vienne. Ce village est un spectacle terrifiant de ce qui y eut lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Presque tous les habitants du village furent  massacrés par une unité SS et le village fut détruit. De GAULLE, qui visita Oradour peu de temps après la guerre, décida que le village devait rester tel que les Allemands l’avaient laissé, et c’est toujours le cas aujourd'hui.

Le massacre d’Oradour-sur-Glane se déroula le 10 juin 1944. Ce massacre était probablement un acte de vengeance contre une attaque de la Résistance française qui fit sauter un pont de chemin de fer à proximité d’Oradour. Lors de cette attaque, y périt, entre autres, le SS-Sturmbannführer Helmut Kämpfe, un ami du major Diekmann, en charge du commandement du régiment qui commit le massacre d'Oradour.

Le samedi après-midi, les Allemands encerclèrent le village, firent venir tout le monde sur la place du marché et séparèrent les hommes des femmes et des enfants. Les femmes et les enfants furent emmenés dans une église et ils la firent exploser. Les hommes furent abattus. Six personnes échappèrent au massacre.

En 1999, à l’entrée du village, un musée souterrain fut établi, appelé Centre de la Mémoire. Par un long couloir souterrain, vous arrivez de nouveau au-dessus du sol juste au centre du village. Ici se situent toutes les ruines toujours dans le même état que le 10 juin 1944. Sur les maisons et les magasins, sont indiqués les noms des propriétaires et s’il s’agissait d’un magasin, d’un salon de coiffure, d’un garage ou d’un atelier de couture. Tout est resté tel quel depuis le jour fatal. Même la voiture du docteur se trouve encore en plein milieu de la place du village.
Jusqu'à aujourd'hui, et selon le souhait du Général de GAULLE, le village a été conservé en état de ruine, en tant que témoin du massacre...
Dès juillet 1944, le général De Gaulle décida de reconstruire un nouveau bourg à proximité des ruines. Le plan du village est le même que celui du village martyr. Fin 1944, l’État s’engage à préserver ce qu’il reste de l’ancien village d’Oradour-sur-Glane.

De tels crimes de guerre ne pouvaient rester impunis ! Un procès retentissant va avoir lieu à Bordeaux en 1953. En 1953, 21 soldats sont jugés et condamnés pour leur participation au massacre. Parmi eux, on compte 14 Alsaciens de la région d’Alsace à l’Est de la France, enrôlés de force dans l’armée allemande. 
Le procès de Bordeaux, avec WIKIPEDIA...
Le procès qui s'ouvre le  devant le tribunal militaire de Bordeaux fait suite à de premières tentatives entamées par la cour de justice de Limoges en 1944, devant laquelle un participant au massacre est condamné à mort le . Ce verdict est annulé par la cour d'appel de Limoges le , le condamné étant mineur au moment des faits et portant l'uniforme allemand, ce qui le fait relever de la justice militaire. Ce seul accusé fait l'objet de onze jugements, renvois, suppléments, cassations et mises en accusation. Après une tentative de dépaysement de l'affaire devant la juridiction civile de Toulouse, le dossier d'instruction est clôturé le . Un arrêt de la cour de cassation d' refuse de disjoindre les cas des Allemands de celui des Alsaciens. C'est donc trois ans après la clôture de l'instruction que débute le procès de Bordeaux, dans un climat politique tendu alors que s'affrontent les opinions publiques limousine et alsacienne. Ce climat est dû au fait que parmi les vingt-et-un accusés, hommes du rang et sous-officiers, comparaissant devant la justice figurent quatorze Alsaciens. Condamné à mort par le tribunal militaire de Bordeaux le  pour le massacre de Tulle, le SS-Gruppenfürher Heinz Lammerding, commandant de la 2ème Panzerndivision SS "Das Reich", vit à Düsseldorf, dans la zone occupée par les troupes britanniques et le gouvernement français n'obtient pas son extradition malgré les mandats d'arrêt à son encontre délivrés en 1947, 1948 et 1950 ; le commandant du 1er bataillon, le SS-Sturmbanfürher Adolf Diekmann, est mort pendant la bataille de Normandie, le .

Sur le plan juridique, l'ordonnance sur les crimes de guerre promulguée par le gouvernement provisoire exclut les poursuites sur la base de ce chef d'inculpation contre les citoyens français puisqu'elle précise qu'elle ne s'applique « qu'aux nationaux ennemis ou aux agents non français au service des intérêts ennemis». Ce n'est qu'après la visite à Oradour, le , du président de la République Vincent AURIOL que celui-ci fait adopter à l'unanimité par l'Assemblée nationale la loi du . Celle-ci introduit dans le droit pénal français la notion de responsabilité collective des groupes ayant commis des crimes de guerre, pour autant que ces groupes aient été reconnus comme organisation criminelle lors du procès de Nuremberg, ce qui est le cas de la SS : « Tous les individus appartenant à cette formation ou à ce groupe peuvent être considérés comme coauteurs, à moins qu'ils n'apportent la preuve de leur incorporation forcée et de leur non-participation au crime » ; en son article 3, elle permet de poursuivre les citoyens français, non du chef de la responsabilité collective, mais s'ils sont « personnellement coauteurs ou complices ».

Le tribunal est composé de six officiers d'active et présidé par un magistrat civil, Nussy Saint-Saëns. Les accusés alsaciens sont défendus par des avocats eux aussi originaires d'Alsace, parmi lesquels Me Schreckenberg, bâtonnier de Strasbourg et ancien déporté. Après avoir rejeté les demandes des avocats des inculpés alsaciens contestant la validité des poursuites engagées sur la base de la loi du , puis entendu tous les accusés, à une exception près, nier leur participation au massacre, il fait une mise au point : « Ce procès est et demeure celui de l'hitlérisme. Mais pour l'heure, il ne semble être encore que celui d’une compagnie. On discute cartes sur table, plans à la main, comme dans un état-major. Tout est disséqué, analysé, pièce à pièce. On passa au microscope les gestes et les minutes. On finit par perdre de vue l'ensemble du drame, son énormité et son aspect hallucinant ». La politique fait alors irruption au procès. Alors même que les témoins déposent devant le tribunal, l'Assemblée nationale abroge, le , après un débat houleux et par 364 voix contre 238, la loi instituant la responsabilité collective. Nussy Saint-Saëns estime cependant que le procès doit se poursuivre, sur la base de la responsabilité individuelle de chacun des accusés : « Il n'y a pour nous rien de changé. Le tribunal continuera l'instruction de ce procès en son audience ».

Ces déclarations du président du tribunal font notamment référence aux lacunes du dossier d'instruction, relevées par le correspondant du Monde au procès. Il confirme sa position en déclarant qu'il « aurait considéré comme son devoir de refaire toute l'information depuis A jusqu'à Z ». Ces lacunes combinées aux dénégations des accusés permettent au Monde d'affirmer que « De l'affaire […] on sait tout… sauf le rôle joué par chacun des accusés ». Les témoins de la défense font état de la difficulté de résister en Alsace ou de se dérober à un enrôlement forcé ; pour les témoins de l'accusation, le récit de Marguerite Rouffanche fait la plus grande impression.

Le verdict est prononcé dans la nuit du  : parmi les accusés allemands, le sergent Lenz est condamné à mort, un accusé qui a pu prouver son absence lors du massacre est acquitté et les autres sont condamnés à des peines variant de dix à douze ans de travaux forcés ; les Alsaciens "Malgré-nous" ( appelés ainsi car ils ont été enrôlés de force dans l’armée allemande) écopent de cinq à douze ans de travaux forcés ou de cinq à huit ans de prison ; quant au seul Alsacien engagé volontaire dans la Waffen-SS, il est condamné à mort pour trahison. Certains condamnés formulent un pourvoi en cassation...

On pensait que cette histoire était terminée et que les coupables avaient été jugés. Mais en 2010 la justice allemande décide de rouvrir l’enquête grâce à de nouveaux documents provenant de l’ex-RDA – République Démocratique Allemande -. On apprend alors que 5 anciens nazis présumés suspects ont été identifiés. Ils ont tous plus de 85 ans mais il est encore possible de faire un nouveau procès.
Le 4 septembre 2013, pour la première fois, un président allemand s’est rendu sur les lieux de ce massacre. Le président français François Hollande et le président allemand Joachim Gauck, ému, se sont recueillis sur les lieux de ce massacre. Main dans la main, dans l’église où femmes et enfants ont été massacrés ils ont reproduits ainsi le même geste que le président allemand Helmut Kohl et le président français François Mitterrand avaient eu à Verdun en 1984 pour sceller l’amitié franco-allemande.
L
e premier hommage officiel aux victimes a été rendu avec la visite du Général de Gaulle, en mars 1945, il prend la décision de conserver le village en l'état pour en faire un lieu de mémoire. Quelques jours plus tard, à la date anniversaire du drame, ce fut au tour du ministre de l'Intérieur de  l'époque, Adrien Tixier, natif de Haute-Vienne, de se rendre sur place. 
Le 12 juin 1947, c'est le président de la République Vincent Auriol qui posera symboliquement la pierre du "nouvel Oradour" à quelques pas des ruines. Car l'idée de la construction d'un nouveau village s'inscrit dans la continuité de la conservation du village détruit. Permettre aux ayant droits des victimes de se reloger et faire venir une nouvelle population dans la commune sont deux enjeux majeurs. L'État, d'un côté, verrouille un territoire pour en faire un monument historique et de l'autre, permet de reloger des gens. 
Entre 1953, l'amnistie de 13 Alsaciens "malgré-nous" ayant participé aux exactions et condamnés au procès de Bordeaux, jette le trouble parmi les habitants qui interdisent alors toute visite des représentants de l'Etat et érige leur propre martyrium au fond du cimetière communal, loin mémorial officiel. 
Il faudra attendre presque 10 ans de plus pour qu'un autre président se déplace : François Mitterrand, qui avait voté l'amnistie des Alsaciens et qui laissera une page blanche sur le livre d'or lors de sa venue en 1982.
En 1998, c'est Roland Ries, le maire de Strasbourg qui participe aux commémorations. Une visite qui aura le mérite de tenter de renouer le difficile dialogue entre Alsaciens et Limousins.
En 1999, le centre la Mémoire est inauguré par Jacques CHIRAC. Il y rencontrera Jean-Marcel Darthout ( survivant aujourd'hui décédé). Le président de la République écoutera alors les terribles souvenirs de ce survivant du massacre. Il est alors accompagné de la ministre de la Culture du gouvernement Jospin, Catherine Trautmann, ancienne (et future) maire de Strasbourg. Ce centre, inauguré par Jacques Chirac, est né d'une réflexion sur la mémoire qui risquait de disparaître. Avant, seuls deux guides surveillaient le site sans vraiment avoir de discours pédagogiques. Il s'agissait aussi d'inciter les visiteurs à se renseigner sur le drame du 10 juin 1944 avant de visiter les ruines. Aujourd'hui, l'accès au village détruit reste libre, mais sur les 300 000 visiteurs annuels, environ la moitié passe par le centre de la mémoire. François Hollande viendra, lui, en 2013. A ses côtés, le président de la République Allemande, Joachim Gauck et Robert Hebras, qui perdit sa mère et ses deux soeurs, survivant du massacre.
De tous les chefs d'État français depuis 1945, seuls trois n'ont jamais visité Oradour-sur-Glane. Georges Pompidou fut président de 1962 à 1968, c'est-à-dire en pleine contestation contre l'amnistie. Le mandat de Valéry Giscard d'Estaing n'était pas placé sous le signe du "mémoriel". La France n'a d'ailleurs plus commémoré le 8 mai 1945 entre 1975 et 1981. Cette décision de Valéry Giscard d'Estaing, motivée par son attachement à la construction européenne, a été mal comprise en France. Quant à Nicolas Sarkozy, son déplacement à Oradour aurait été annulé en raison d'un empêchement du chef de l'État. En 2008, il se rendra en revanche à Maillé en Indre-et-Loire, autre village où furent massacré 124 personnes par les soldats allemands. 
Emmanuel Macron a, lui, réalisé deux visites sur le site en 2017. L'une le 28 avril, en plein entre-deux tours de la présidentielle, puis en tant que chef de l'État le 10 juin. Il s'est affiché alors comme un passeur de l'Histoire pour les nouvelles générations. 

Le procès de Bordeaux a provoqué une véritable déchirure profonde entre l'Alsace et le Limousin, pendant plusieurs décennies. Mais aujourd'hui, lentement, des liens se tissent à nouveau entre les deux provinces. 
                    


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