A C T U A L I T E S
  22-08-2019  La CORRIDA, une pratique préhistorique, ancienne, venue d'Espagne, mal vue en France, et qui ne fait pas l'unanimité...


     


Selon WIKIPEDIA, la corrida (en espagnol« corrida de toros »« course de taureaux ») est une forme de course de taureaux consistant en un combat entre un homme et un taureau, à l'issue duquel le taureau est mis à mort ou, exceptionnellement, gracié (indulto).
Elle est pratiquée essentiellement en Espagne, au Portugal, dans le Midi de la France et dans certains États d'Amérique latine (MexiquePérouColombieVenezuelaÉquateur et Bolivie).
En Espagne , la corrida est un art, si ancestral, si courant, qu'il est devenu national, populaire, au même titre que le football...
La corrida n’est pas une tradition française. C’est une pratique venue d’Espagne (Andalousie et Navarre), qui a gagné d'abord le Sud-Ouest, puis le Sud-est de la France.
Des historiens, des écrivains, des philosophes, et des "aficionados" considèrent la corrida comme un art en soi.
Au Portugal, il existe une exception, le taureau n'est pas mis à mort, il conserve la vie sauve...Mais parait-il, le taureau serait tué à l'abri du public. 
Mais dans toute corrida, un taureau se montrant brave, un torero peut demander et exiger sa grâce (indulto). L'animal ne mourra pas dans l'arène ! Il sera même soigné par les vétérinaires des arènes.
Le règlement prévoit, d’ailleurs, qu’une bravoure exceptionnelle puisse lui obtenir la grâce (indulto), et qu’alors, après avoir été soigné, il soit renvoyé dans son élevage pour y finir ses jours comme étalon. Un heureux dénouement ! 

Il y a les pro-corridas et les anti-corridas. Pour quelques uns, la corrida est une forme d’art, tandis que pour les défenseurs des droits des animaux, elle constitue une aberration.
Les corridas sont de moins en moins populaires, et de plus en pus boudées en Espagne. On assiste depuis quelques années à une désaffection croissante pour les corridas, non seulement en France mais également en Espagne, et même au Portugal. Les Espagnols font preuve d'un désintérêt croissant pour les corridas. Depuis plusieurs années, la fréquentation des arènes chute, et mathématiquement, le nombre de spectacles taurins dégringole.

Tout d'abord c'est le coût astronomique pour les villes qui soutiennent cette activité qui plombe l'avenir de la tauromachie. Il faut se souvenir que ces spectacles ne survivent que parce qu'ils sont soutenus par l'argent public. Les populations aujourd'hui aspirent à voir leurs impôts réorientés vers des actions plus conformes avec les enjeux pour l'avenir.
Le désintérêt est également socio-culturel, la corrida apparaissant "passéiste". Étonnamment, cela concerne les grandes régions de tradition taurine comme l'Andalousie où la jeunesse par ses choix culturels ringardise littéralement l'activité tauromachique.
Cet article rappelle le résultat des dernières enquêtes d'opinion réalisées en France. En 2018, 74 % des Français aspirent à l'arrêt des corridas en France (Sondage IFOP).
En Espagne, un sondage de janvier 2019 donne 56,4 % des Espagnols contre la corrida, 29,1 % pour, et 17,1 % sans opinion. Plus de la moitié des Espagnols veulent limiter ou interdire la corrida et même la chasse.

C'est vrai que cette pratique, certes ancestrale, séculaire, est un spectacle qui relève indéniablement de la barbarie, de la cruauté, de la torture, pour certains, insupportable, insoutenable, abject, ignoble, et qui fait souffrir un animal qu'est le taureau. Il faut savoir aussi que cette tradition taurine d'origine hispanique est réservée à un public "averti", adulte, et qu'elle est, à l'évidence, proscrite aux enfants ou adolescents, pouvant lourdement heurter leur sensibilité.

Se déroulant dans des arènes, la corrida est un spectacle tauromachique issu d'une longue tradition puisque sa forme actuelle, où la mise à mort est effectuée par le matador, à pied et armé de sa seule épée, remonte à Francisco Romero, dans la première moitié du XVIIIème siècle, ceci en Espagne.
Considérée par les aficionados et nombre de ses historiens comme un art, la corrida a inspiré de nombreux créateurs aussi bien en peinture, qu'en littérature, en musique et au cinéma. Cependant, dans un contexte où l'opposition à la corrida gagne du terrain, nombre de ses opposants l'assimilent à de la torture proposée en spectacle, et réclament son interdiction.
 
Il n'en reste pas moins que si le torero (matador) combattant son taureau est en permanence en danger de mort devant un animal sauvage et dangereux, qu'il risque une grave blessure ou la mort à tout instant, à la moindre faute ou inattention, la bête qu'est le taureau souffre et perd du sang à cause des blessures infligées par les "piques" du picador, les bandérilles, ou éventuellement "les mises à mort" ratées du toréador. Il faut savoir que des matadors, certains célèbres, souvent de nationalité espagnole, ont perdu la vie dans cette pratique taurine qu'est la tauromachie. 
Ce spectacle est un certain rapprochement entre les combats de gladiateurs sous la Rome antique, en duel face à des animaux sauvages et extrêmement dangereux comme les lions présents dans l'arène, et celui du "torero" combattant le taureau.

"En France, alternativement interdite et autorisée par les lois, elle est depuis 1951 légalement autorisée sur les parties du territoire où elle constitue une tradition ininterrompue, principalement le midi de la France. En Espagne, la corrida a été interdite en 2010 en Catalogne, en 1991 aux Îles Canaries, mais elle est déclarée « Bien d'intérêt culturel » le  par le Parlement espagnol." On trouve en effet un très grand nombre d'arènes en Espagne, parce que cette pratique est installée dans la péninsule ibérique, depuis des décennies. Les premières arènes permanentes furent construites à Madrid en 1749, à Séville en 1761 et à Saragosse en 1764. Néanmoins, les plus grandes arènes se situent à Mexico (Monumentale Plaza Deportes, 48000 places). En France, les arènes les plus connues sont celles de Nîmes (20 000 places) et d’Arles (12 000 places). Il y a en Espagne environ 570 arènes fixes (sans compter les diverses portatives) dans lesquelles ont lieu environ 12 000 corridas par année.
La Plaza de toros Las Ventas-Madrid, est la plus grande d’Espagne, avec une capacité pour 23 800 spectateurs. De par sa capacité, Las Ventas est la troisième  du monde, après celle du Mexique, de Valencia et celle du Venezuela. C’est aussi la deuxième plus grande en ce qui concerne le diamètre de son arène centrale après la plaza de toros de Ronda (Sevilla). 
L’arène de El Castañar, Bejar (Salamanca), est considérée comme la plus ancienne d’Espagne.

Quand on a choisi de devenir torero, le risque de blessure gravissime ou de mort dans l'arène est permanent...
Pour le nimois Simon Casas, cette prise de risque est aussi difficile à comprendre qu'à expliquer : « Si l'on pouvait expliquer cette prise de risques par la nécessité de fuir la misère, comme autrefois, (c'est le cas du célèbre torero andalou El Cordobes) ce serait plus simple. Mais aujourd'hui, les matadors ce sont des fils de riches, fils de… qui suivent des cours dans les écoles taurines. Pas des gamins des rues qu'on ramasse comme subalternes dans une cuadrilla. Pourquoi ils se jouent la vie ceux-là, et tous ceux qui les accompagnent ?

Ce sont des députés de la majorité qui le réclament : interdire la corrida au moins de 14 ans. La députée LREM de l'Eure Claire O'PETIT espère en faire une des priorités du groupe d'études sur la condition animale qu'elle co-préside à l'Assemblée nationale. 
"Je n'ai jamais compris comment on pouvait aller voir le massacre d'un animal. Cela ne fait pas du tout partie de ma culture et ça me choque énormément que des gens prennent du plaisir à voir ça" explique la députée de l'Eure. Et comme il est, selon elle, impossible d'interdire totalement la corrida en raison des "enjeux économiques", elle propose de l'interdire dans un premier temps aux moins de 14 ans. "Comme les adultes sont pas suffisamment responsables et civilisés pour dire on y va pas, c'est aberrant, alors on va tabler sur la nouvelle génération" estime l'élue qui confesse ne jamais avoir vu de corrida de sa vie, "un spectacle d'un autre temps". "Je ne veux pas en voir une, ça ne me viendrait même pas à l'idée" ajoute la députée.

Le pro-corrida, André VIARD, président de l'observatoire des cultures taurines, dénonce lui une "idéologie totalitaire" destinée selon lui à "couper les enfants de leur culture". "Les politiques médiocres qui n'ont aucun autre moyen de faire parler d'eux parce qu'ils sont incapables de faire des propositions intelligentes se rabattent là-dessus en voulant interdire la corrida aux enfants" déclare-t-il à France Bleu Gascogne. "Avant toute chose, il est important de ne pas confondre corrida et tauromachie, l’art d’affronter le taureau dans une arène ne constituant pas dans tous les cas une pratique barbare, loin de là. Il suffit, pour s’en convaincre, de faire témoigner les amateurs de course landaise ou les aficionados provençaux de course camarguaise. Comparée à ces spectacles plutôt bon enfant, la corrida héritée de la tradition espagnole est en revanche une monstruosité d’un autre âge dont on se demande comment elle peut encore être acceptée dans une société qui se prétend civilisée et par conséquent soucieuse du bien-être animal."

Didier GUILLAUME, l'un des deux ministres dont la présence mercredi 14 août 2019 à une corrida à Bayonne a déclenché une fronde sur les réseaux sociaux, "regrette" d'avoir pu "choquer" des militants du bien-être animal opposés à la tauromachie, dont une poignée a manifesté devant son ministère lundi.

"Je regrette que ça ait pu choquer un certain nombre de citoyens qui sont contre ces pratiques", a déclaré le ministre de l'Agriculture, qui intervenait sur France Info. "Je suis le premier ministre de l'Agriculture à avoir une collaboratrice, une conseillère au cabinet, en charge du bien-être animal, je suis le premier ministre de l'Agriculture qui a pérennisé le Conseil de surveillance des abattoirs", a-t-il fait valoir.
Sa présence à une corrida avec sa collègue chargée de la Cohésion des territoires, Jacqueline GOURAULT, avait été révélée par une photo du quotidien Sud-Ouest, déclenchant une petite avalanche de critiques d'élus écologistes notamment. Leur présence a suscité l'indignation des défenseurs de la cause animale.
La Fondation Brigitte Bardot a naturellement réagi :"
Aucune limite dans l'indécence, le ministre de l'agriculture, en charge de la protection animale, Didier Guillaume assiste en ce moment avec Jacqueline Gourault (autre ministre du gouvernement) à une séance de torture animale dans les arènes de Bayonne... Scandaleux !".
En juin 2015, 
Brigitte BARDOT était invitée à l’émission "Vos animaux" sur RMC. Elle avait reproché au Premier ministre son attrait pour la corrida. "C’est scandaleux, le Premier ministre Manuel VALLS, il est tauromaniaque. Il trouve que c’est formidable la corrida, mais c’est dégueulasse, je suis scandalisée",  avait déclaré l’ancienne actrice."C’est la tuerie d’un animal. Evidemment que la corrida ne doit plus avoir lieu, car le sang appelle le sang et la violence appelle la violence", avait-elle estimé en indiquant ne "plus supporter de voir la corrida dans le pays".

Que dit le Code pénal dans son article 521-1 :  « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves (...) ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. »
"La corrida relève d'une exception à la loi tolérée dans certaines villes dites de tradition locale ininterrompue comme Dax, Bayonne, Mont-de-Marsan, Nimes, Arles, Alès ou Béziers, mais elle est illégale à Paris, Marseille, Bordeaux et Toulouse" a déclaré à l'AFP "Amandine", porte-parole de Paris Animaux zoopolis, l'association organisatrice du rassemblement, proche des mouvements végans et anti-élevage.
Oui à la course landaise ou camarguaise et non à la corrida et aux jeunes enfants présents dans une arène ! Mais avec tout le respect et la tolérance que je dois aux "aficionados" de cette discipline !
 
Des disciplines tauromachiques issues des corridas originelles persistent dans certaines régions de France. Les animaux n’y sont jamais mis à mort, seul le jeu ou la prise de risques des hommes rythment ces spécialités.
La course camarguaise remonte à la Renaissance, elle est pratiquée dans le sud-est de la France. Elle consiste à arracher divers attributs fixés à la tête du taureau : cocarde placée au milieu du front, glands et ficelles noués à ses cornes. Le bétail est issu d’élevages camarguais, seuls les mâles entrent dans l’arène. Les cornes ne portant pas de protection, les accidents, rares, sont souvent graves parfois mortels.
La course landaise est pratiquée dans le Gers, le Béarn et les Landes. Elle se pratique avec des femelles de combat de race espagnole et non des taureaux. Elle se déroule dans des arènes avec des infrastructures sanitaires obligatoires pour pouvoir organiser des courses. Les figures comprennent des feintes, tourniquets ou sauts devant des vachettes encordées dont les cornes ont préalablement été munies de protections. Les écarteurs attendent la vache dans l'arène avant de l'esquiver au dernier moment, réalisant de la sorte un écart. Les sauteurs attendent la vache et exécutent un saut au-dessus de la vache dont la course doit être rectiligne. Depuis 1932, à l’occasion des fêtes de Bayonne, la ville organise dans la rue des courses de vachettes. Ces courses génèrent une quarantaine de blessés légers en rapport majoritairement à des chutes.

L'Alliance Anticorrida, Association fondée à Nimes, en 1994, bastion de la tauromachie, œuvre dans le respect des valeurs et des personnes pour :
la suppression des blessures et mutilations infligées aux animaux utilisés pour les spectacles taurins,
la protection des mineurs contre toute atteinte survenue pendant une manifestation en lien avec la corrida,
l'abolition des corridas.  
Ces personnalités qui sont (ou étaient) contre, et des célébrités qui sont (ou étaient) pour...
C'est la raison pour laquelle on assiste de temps en temps, en France, à des face à face, parfois tendus, entre, d'une part des militants anti-corridas pour dénoncer la cruauté de cet "art" et réclamer son abolition, et d'autres part des représentants des milieux taurins Nimois, Bitterrois, Arlésiens, Landais... et des aficionados,
souhaitant le maintien de la corrida.

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